Nostradamus
Nostradamus, né Michel de Nostredame, cité
plus haut, a établi des prévisions qui,
de par la langue et le style employés, sont proprement
indéchiffrables (ou à tout le moins sujettes
à une foule d'interprétations possibles
ce qui, bien évidemment, multiplie les possibilités
de « tomber juste »). Par exemple :
Centurie I, quatrain 25:
Perdu trouué caché de si long siecle,
Sera pasteur demy Dieu honnore:
Ains que la Lune acheue son grand siecle,
Par autres vents sera deshonnoré.
A contrario, il est des prédictions moins sujettes
à caution et réussies comme ce quatrain
où il prédit les circonstances exactes
de la mort du roi Henri II :
Centurie I, quatrain 35:
Le lion jeune le vieux surmontera,
En champs bellique par singulier duelle,
Dans cage d'or les yeux lui crèvera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle.
Comme tous les éléments ne sont pas liés,
il est difficile de faire le tri entre des pronostics
possibles et des informations fausses, ou l'inverse,
entre des informations vraies et des pronostics irréalistes.
Ainsi, certains exégètes ont déclaré
que Nostradamus aurait prédit une guerre sanglante
pour l'an 2000, qui n'eut pas lieu, mais dont certains
prétendent que les attentats du 11 septembre
2001 et de la guerre en Irak sont des précurseurs.
A l'inverse, pendant la
Seconde Guerre Mondiale en France, les interprétations
des Centuries prédisaient la fin de l'occupation
allemande et la défaite du Reich - prises très
au sérieux par le service de propagande de la
Gestapo qui en redoutait la propagation.
En définitive, l'on
conviendra qu'il y a dans les Centuries des éléments
troublants qui néanmoins ne semblent pouvoir
être compris qu'une fois les événements
advenus (et qui sont donc sans doute trop liés
à l'interprétation que l'on en fait a
posteriori).
Il en est ainsi de beaucoup
de prédictions : celles de voyantes comme Adélaïde
Lenormand, la Sybille de la révolution et de
l'Empire, relatives aux morts de Marat, Saint Just et
Robespierre semblent effectives. Elle aurait aussi prédit
à Napoléon son divorce d'avec Joséphine
de Beauharnais dont elle était la cartomancienne.
Mais comme souvent lorsqu'il s'agit de voyance, on ne
retient que les prédictions réussies et
positives et pas les nombreuses prédictions négatives.
D'autres, comme la prédiction
faite à Catherine de Medicis par son astrologue
qu'elle mourrait près de Saint-Germain demeurent
problématiques : elle ne mourut pas à
Saint-Germain-en-Laye mais le nom de son confesseur
aurait été Saint-Germain.
Même s'il s'avérait
qu'il s'agisse non d'une légende urbaine mais
d'un fait, l'on peut soutenir que cet exemple montre
clairement que l'on peut toujours trouver une «
explication » allant dans le sens de la voyance
même lorsque l'on s'écarte pourtant du
champ de la prédiction stricto sensu : il s'agit
d'un biais positif d'interprétation.
L'on est tout autant en
droit de s'interroger sur le "stricto sensu "
c'est à dire de l'expresssion à la lettre
de l'oracle : que la phrase "près de St
Germain' ait été comprise par Catherine
de Medicis comme 'près de St Germain en Laye'
est chose certaine, mais il n'empêche que la prophétie
se serait bel et bien réalisée vu que
la Reine mourut près de son confesseur - un certain
St Germain paraîtrait-il...
Seules des études scientifiques avec un protocole
rigoureux et des études statistiques peuvent
éclairer le débat -dans un sens ou dans
l'autre (cf. Points de vue scientifiques ci-dessous).
|